17.Nov.2009 La Web télé est-elle rentable ?
Modèle économique web télé
Dans la cadre de la maîtrise en commerce électronique à l’université de Sherbrooke, j’ai eu à me questionner de manière approfondie, sur le sujet à la “mode” qu’est la Web télé.
Aucune définition universelle concernant la Web télé n’a été décrétée. Il n’y a que des interprétations personnelles de ce que l’on croit être la télévision sur le Web. Plusieurs s’entendent pour dire qu’il s’agit d’une forme de laboratoire, qui par ses recherches, tente de trouver un modèle de rentabilité.
Un modèle économique correspond à une manière de faire les affaires. De manière implicite, il s’agit du positionnement de l’entreprise dans la chaîne de création de valeur. En outre, comment prévoit-elle générer des revenus?
Au même titre que l’industrie de la musique, qui connaît des bouleversements importants depuis l’avènement du numérique, l’industrie télévisuelle se voit dans l’obligation de se réinventer.
C’est un article paru dans l’International Journal of E-Business Research en 2007 qui m’a permis de pousser mes réflexions quant aux défis parallèles entre ces deux industries.
Musique vs Web télé
En musique, deux types de modèles de rentabilité semblent s’être imposés avec le temps. Premièrement, le cas iTunes d’Apple, qui propose le titre à 0.99$. Ceci permet de télécharger la musique et donc de posséder le contenu de celui-ci pour son utilisation personnelle.
De l’autre côté, il y a des sites tels que Last.fm, qui proposent de payer un montant équivalent à 3$ USD par mois pour avoir un accès illimité à leur contenu. Ils ne possèdent alors aucun contenu, puisque les utilisateurs font du “streaming” du contenu hébergé par Last.fm
Pour les vidéos, les mêmes types de solutions sont proposés.
iTunes offre encore une fois la possibilité d’acheter les épisodes des séries télé, une à une, pour environ le double du prix d’une chanson. Les films y sont disponibles pour un prix inférieur à celui de l’achat d’un DVD, c’est bien normal, il n’y a pas de coûts de production!
Comme deuxième méthode de rentabilité, on pense aux solutions apportées par des portails tels que Hulu.com. Avec une banque d’annonceurs qui payent pour diffuser gratuitement la vidéo que veulent voir les internautes, la qualité vidéo disponible est donc bonifiée et les placements publicitaires nécessaires sont minimes (Il s’agit de blocs publicitaires de 15 secondes, 4 ou 5 fois par épisode de 42 minutes)
Le constat de l’étude: les consommateurs sont plus enclins à payer pour de la vidéo que de la musique. Également, il est dit que la vidéo accapare à la fois le sens de la vue et de l’ouïe, ce qui fait que l’attention ne peut être optimale aussi longtemps. Il faut donc faire en sorte que les capsules proposées soient concises dans le temps.
Les géants de la téléphonie mobile, les grands diffuseurs américains (ABC), ainsi que des entreprises désirant rejoindre un public cible bien précis participent à ce modèle économique. Après tout, lorsque l’on cible une série télévisée, on est en mesure de connaître de manière précise le public cible, avec ses goûts et ses comportements.
Alors, qu’en est-il de la web télé, ici au Québec ?
Aujourd’hui, je lis que RDI vient de retirer ses diffusions en ligne, de manière à pallier aux critiques des annonceurs qui s’indignent devant cette démarche. Ils jugent ainsi qu’il s’agit d’une perte de revenus reliés au fait que le contenu peut être regardé en différé et donc, se soustraire à la publicité.
Je crois que pour être rentables, minimalement pour les coûts de production, les producteurs québécois devraient s’unir. Des portails tels que Blip.tv offrent l’hébergement de contenu “amateur”. Pourquoi ne pas en faire autant avec les web télés “professionnelles” québécoises, qui diffusent du contenu de haute qualité à un public déjà preneur.
Il serait plus facile d’attirer des annonceurs de choix, qui verraient leur exposition de marque largement augmentée. L’effet direct serait d’augmenter la visibilité pour toutes les parties prenantes.
La plupart des Web télés sont créées par des gens ayant déjà œuvré ou œuvrant en télévision. Leur but est bien entendu d’être vu, bien souvent pour espérer regagner le petit écran.
À quand un portail de Web télé global (et qui n’appartient pas à Québécor) ?!

