28.Nov.2009 Crise télévisuelle

La crise des licences en télévision

Je tente aujourd’hui de porter une réflexion sur un article scientifique intitulé « Television on the Internet: Regulating New Ways of Viewing » paru en 2007, mais tout de même d’actualité.

Pour vous mettre en contexte, il s’agit de la situation particulière du Royaume-Uni qui tente de pallier les zones grises régissant la diffusion télévisuelle sur Internet.television

La mission première de la télévision sur Internet était de pallier aux problèmes des consommateurs n’ayant pas accès au contenu, de par leur éloignement ou par l’absence de service. C’est le cas des chaînes comme Radio-Canada ou RDI au Canada. Les coûts associés à une diffusion sur le web sont astronomiques pour le moment et la facture revient aux contribuables. Les citoyens canadiens semblent tout de même en faveur de cette diffusion et nous nous rendons compte qu’il s’agit d’une guerre entre les câblodistributeurs et les diffuseurs généralistes qui fait en sorte que le contenu de RDI a été retiré en octobre dernier.

Il ne s’agit pas de web télé amateur, mais bien des grands diffuseurs qui diffusent leur contenu sur Internet, en permettant l’écoute en direct, en différé ou même le téléchargement. Il est question d’un débat entourant les pratiques dites « déloyales » et les batailles qui prennent place en court, de manière à ce que tous les partis y trouvent leur compte.

« However, where a programme is made specifically for the Internet and is made available for individuals to download and watch at a time chosen by them, it is clear that a licence is not needed. This is because on demand services were ‘not to be treated as available for reception by members of the public’ (Communications Act 2003, section 361). »

Les chaînes généralistes se doivent donc d’obtenir une licence globale (Télévision et Internet) pour être en mesure de diffuser simultanément leur contenu sur le câble et sur le web, en direct.

La compétition, œuvrant exclusivement sur Internet, n’est cependant contrainte à aucune forme de législation. Ceci entraine donc une économie substantielle pour eux, en plus de limiter leurs contraintes quant au contenu.

Ces derniers jours, Rogers à lancé sont service Rogers on demand Online (beta), service qui n’est pas encore offert au Québec. Les clients actuels abonnés aux services télévisuels qu’offre Rogers pourront maintenant avoir du contenu sur le web, avec une qualité vidéo plutôt ordinaire. Il faut encourager l’initiative, simplement on est bien loin d’une révolution.

La télévision à la carte se développe à une vitesse exponentielle, les consommateurs veulent plus de liberté et veulent surtout avoir accès à du contenu de niche.

Le meilleur exemple que l’on retrouve sur le net et sans contredit Hulu.com. Avec un partage des revenus publicitaires, ils parviennent à diffuser des émissions et des séries américaines gratuitement au public américain. Hulu aurait même réussi à surpasser les revenus de YouTube.com, alors que ceux-ci sont en train de devenir le deuxième moteur de recherche par excellence. Bien entendu, ils n’ont pas autant de visiteurs, ils sont simplement en mesure de dégager plus de profits.

Il semble que Hulu tentera d’imposer des frais à ses visiteurs dès l’année prochaine (ils ont commencé à sonder le terrain). Voici cinq moyens qui pourraient faire en sorte que les clients accepteraient de payer pour le contenu offert.

1- Offrir l’intégralité du contenu en terme de séries télévisées et d’émissions américaines sous un même site.

2- Promouvoir un partenariat avec les câblodistributeurs, de manière à offrir des plans de services complets.

3- Offrir de la programmation originale sur leur portail. Du nouveau contenu, disponible exclusivement sur Hulu.com

4- Bannir toute forme de publicité sur leurs pages

5- Offrir une partie du contenu gratuitement et un service “Premium” pour pousser l’expérience

Je crois que pour l’instant, il s’agit de la meilleure tactique à adopter au Canada, dans le but de rentabiliser la diffusion sur le web en permettant aux diffuseurs, comme aux créateurs de contenus, d’avoir leur part du gâteau.

Reste à voir quelles seront les innovations canadiennes dans les années à venir, chose certaine, j’ai bien hâte de pouvoir regarder gratuitement la télévision sur le web… en toute légalité!


Source: Television on the Internet: Regulating new ways of viewing
Christine Cooper. Information & Communications Technology Law. Abingdon: Mar 2007. Vol. 16, Iss. 1; pg.

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